« Séri-Graphie »

Le terme « sérigraphie » est une contraction de « Sericum-Graphein« , littéralement « écriture par la soie ». « Sericum » signifie soie en latin; « graphein » écriture en grec – et par extension le trait, le dessin.

La sérigraphie est une méthode d’impression à plat. Un tissu, ou « soie », est tendu sur un cadre. Soie + cadre constituent l’écran. Une préparation particulière permet de transformer cet écran en pochoir; c’est-à-dire qu’il comporte une zone libre (qui laisse passer l’encre), qui a la forme exacte du motif souhaité

Réalisation du Pochoir par étapes:

On part d’un écran vierge: toute la surface de la soie est libre.

La soie est alors enduite d’un vernis photosensible, c’est-à-dire qui réagit aux UV. Si ce vernis subit une exposition prolongée aux UV, une réaction chimique se produit, il durcit et devient résistant à l’eau. On va comprendre plus loin à quoi cela nous sert.

Ici, posé de façon manuelle, le vernis est de couleur violette. Les scotchs autour assurent l’étanchéité des bords, le vernis ne couvrant que la zone qui nous intéresse.

Après séchage à l’air libre, à l’abri de la lumière, le cadre enduit est prêt pour la phase d’insolation. C’est là qu’intervient le motif.

Ce motif aura été préalablement imprimé, en noir, sur un film transparent, selon un procédé particulier appelé « flashage ». Ce noir est d’une telle opacité qu’il peut bloquer les UV. Ce film transparent portant le motif opaque, c’est notre typon.

Ici un logo sur typon, réalisé pour une cliente, tel qu’il sera vu une fois imprimé sur le sac auquel il est destiné. Une image demande de longues heures de création et/ou retouches infographiques, et doit être soigneusement validé avant création du pochoir.

L’insolation est réalisée avec une lampe à insoler, lampe spéciale dont la faculté est de produire exclusivement des UV.

Il existe différentes lampes à insoler. Tubes, LED, ici une lampe mercure haute pression.

Insoler, c’est donc faire comme le soleil, sauf que l’on reproduit et maîtrise le phénomène. La lampe est dans une boîte, vitrée uniquement sur le dessus. Sur la vitre on pose le typon et l’écran. Le typon doit être en contact parfait avec le vernis. On allume, et c’est parti pour une bronzette de quelques minutes.

Vu de l’intérieur de la boîte, notre typon est inversé: la lampe le voit en « miroir ».

Le motif sur le typon a donc bloqué les UV durant l’insolation. Ce qui fait que derrière lui le vernis photosensible n’a pas réagi et est donc resté soluble. Par contre tout le reste fait désormais non seulement corps avec la soie, mais est aussi résistant à l’eau, et aux solvants.

A ce stade, le vernis resté soluble est toujours sur le cadre: il bouche la maille de la soie. Donc une fois l’insolation terminée, on rince l’écran à l’eau claire: le vernis soluble « fond ». Il est délicatement chassé sous une légère pression d’eau, et la « maille passante » est ainsi libérée. On appelle cette phase: la révélation. Une fois sec, notre pochoir ainsi réalisé est près à servir.

Gros plan sur la zone d’impression, vue intérieure du cadre: c’est de ce côté qu’on déposera l’encre de sérigraphie.
Vue du côté qui viendra au contact du support à imprimer. Le cadre est devenu pochoir. Le logo est maintenant imprimable, à l’infini. Si nécessaire, le typon peut servir à refaire autant de pochoirs que l’on souhaite, à l’identique.